Souvent associée à la mystère, au mysticisme ou à l'inconnu, la brume fait partie des éléments naturels dont on a appris à se méfier. Cette collection prend le contre-pied de cette lecture et choisit d'y voir quelque chose de plus riche et nuancé : une matière en suspension, ni solide ni liquide, qui invite à ralentir le regard plutôt qu'à l'aiguiser.
Il y a dans ces œuvres une célébration du flou. Le brouillard y devient un espace de respiration, la brume une invitation à faire confiance à ce que l'on ressent plutôt qu'à ce que l'on voit. Une ode à l'instinct, à l'écoute de soi, à la beauté de ce qui échappe. Là où le genre d’horreur a longtemps utilisé ces éléments pour instiller la peur, ces artistes en révèlent la douceur et la grâce. La fumée qui se dissipe, la brume qui enveloppe, le nuage qui traverse… autant de formes éphémères qui rappellent que l'incertain peut aussi être sublime. Une invitation, finalement, à ne plus fuir ce qui n'est pas net, mais à s'y attarder.



