Le glitch art émerge de l’erreur technologique, transformant les défaillances des systèmes et les données corrompues en un langage artistique délibéré. En exposant les structures invisibles qui sous-tendent les images numériques, les artistes réinvestissent l’accident et le dysfonctionnement comme des espaces de création plutôt que comme des défauts à effacer. Ce qui devrait rester caché : pixels altérés, données corrompues et ruptures visuelles, devient la matière de nouveaux récits visuels.
Mais le glitch dépasse largement la seule question esthétique. Comme l’ont montré artistes et théoriciens, l’erreur peut également agir comme un geste politique : une perturbation des normes, des identités et des systèmes qui exigent cohérence et conformité. En révélant les failles des espaces numériques, le glitch art invite à interroger la prétendue neutralité des technologies et des images qui nous entourent au quotidien. Ces œuvres embrassent l’instabilité, l’ambiguïté et la transformation, suggérant que dans la rupture réside la possibilité de repenser la manière dont les corps, les identités et les réalités sont construits. Dans le glitch, l’échec devient un terrain fertile pour imaginer de nouvelles façons d’exister au sein, et au-delà, de nos cadres technologiques.