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2022
Benjamin Bardou est un cinéaste, directeur artistique et réalisateur basé à Paris. Il a reçu sa formation artistique à l'école Georges Méliès d'Orly, un institut spécialisé dans l'enseignement des techniques de l'animation et des effets visuels. L’une de ses principales sources d’inspiration est le travail du philosophe allemand Walter Benjamin, auquel il a notamment emprunté le concept de matérialisme historique, en le réadaptant visuellement dans le cadre de ses œuvres. Son objectif est de travailler avec des matériaux historiques mais aussi avec de simples éléments prosaïques urbains, pour pénétrer et toucher l'inconscient collectif.
Après avoir étudié la peinture, il a rejoint l'industrie des effets spéciaux où il s'est spécialisé dans l'art de la peinture de cache sur des longs métrages, publicités et clips musicaux. Au sein des bureaux de Mikros Image, une société de post-production numérique et d'effets visuels, il travaille ainsi aujourd’hui à la réalisation de longs métrages, de publicités et de clips musicaux. Son travail a déjà été exposé aux quatre coins du monde, du Brésil (FILE Machinima) à la Corée du Sud (K Museum of Contemporary Art), en passant entre autres par la France (Collectif Jeune Cinéma et Motion Motion) et le Portugal (Centro das Artes).

A propos de l'œuvre d'art
Déambulation dans le Passage Jouffroy à Paris.
"La mémoire est le seul paradis dont nous ne pouvons être chassés". - Johann Paul Friedrich Richter
Musique : Yokohama (Simon James French)
Voix : Pierrot le Fou (Jean-Luc Godard)
A propos de la série
"'Ces passages, nouvelle invention du luxe industriel, sont des galeries vitrées, lambrissées de marbre, qui traversent des blocs entiers d'immeubles dont les propriétaires se sont groupés pour de telles considérations. De chaque côté de ces galeries, qui reçoivent le jour d'en haut, s'alignent les magasins les plus élégants, de sorte qu'un tel passage est une ville, un monde en miniature.'' - Guide illustré de Paris, 1850
Dans ces galeries couvertes, d'innombrables magasins d'alimentation, restaurants, gadgets, souvenirs, produits dérivés et articles de prêt-à-porter ponctuent la promenade des passants. C'est un labyrinthe où s'étalent aussi bien la foule que la marchandise. Ces rues commerçantes ne sont ni complètement à l'extérieur ni complètement à l'intérieur de la ville. Elles agissent comme des seuils, des lieux de rêverie où le temps et la conscience du flâneur sont modifiés pour contrer l'expérience du choc de la grande ville. En effet, ces rues, animées par une architecture de fer et de verre, sont avant tout un refuge contre l'expérience inhospitalière et aveuglante qui caractérise les mégapoles. Les transformations induites par la modernité et la sphère commerciale ont réifié l'espace urbain. Les habitants de la ville ne s'y sentent plus chez eux, ils commencent à prendre conscience de l'inhumanité de la grande ville.
Seuil, zone tampon, zone de rêve, le passage est un lieu où se superposent plusieurs mémoires et états de conscience (rêve, éveil, conscience). La mémoire volontaire, celle du chaos de la marchandise et de la publicité, côtoie l'inconscient collectif, l'Idéal et l'Utopie. La mémoire collective est un composé de vérité et de trahison, d'utopie authentique et d'utopie fantasmagorique, nourri par le rêve de la marchandise. L'architecture du passage est la réification de cette pensée, et elle est donc un témoignage du rêve collectif.
Les passages apparaissent alors comme une antichambre de l'éveil collectif, où les images dialectiques se montrent dans leur double sens : d'une part tournées vers le mythe et l'archaïque, d'autre part tournées vers la promesse du progrès social. L'éveil du collectif apparaît alors comme la synthèse d'une conscience rêvée, et l'antithèse de la conscience éveillée.
Ce projet artistique, conçu comme un triptyque, a pour mission de présenter ces différentes formes de mémoire qui balancent les foules et circulent parmi les passages parisiens."
Benjamin Bardou
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