portrait
generative art
03:48
2025
Clément Rignault, connu sous le nom d’artiste Gamgie, est un créateur pluridisciplinaire basé à Lyon. Se définissant comme artiste numérique, codeur créatif, ingénieur, auteur et performer, il développe des installations, performances et spectacles où le numérique devient une porte vers l’imaginaire. À travers des œuvres génératives créées à partir de code et de modèles inspirés de la physique, il conçoit des univers visuels abstraits dans lesquels particules et formes évoluent selon des systèmes calculés. Utilisant notamment des outils issus du jeu vidéo comme Unity, son travail cherche à susciter des expériences interactives et contemplatives où participants et performeurs deviennent partie intégrante de l’œuvre. Nourrie par la nature, le cosmos et les sciences — en particulier la physique et les mathématiques — sa pratique s’articule autour d’une question centrale : qu’est-ce que la réalité ? Ses œuvres proposent ainsi des espaces de suspension propices à l’imagination, à l’introspection et à l’exploration de la conscience.
En 2011, il fonde à Paris la compagnie Augmented Magic avec le magicien Moulla, explorant les liens entre illusion, technologies numériques et vidéoprojection. Pendant cinq ans, il participe à la création de numéros, d’installations et de spectacles mêlant magie et art numérique, présentés lors de festivals, événements et émissions télévisées à l’international. Dans une démarche d’exploration personnelle, Gamgie s’intéresse également aux états modifiés de conscience et au potentiel du corps comme outil d’expression et de recherche. Cette quête l’amène à expérimenter différentes pratiques telles que la méditation, le jeûne, la marche au long cours ou les environnements extrêmes, ainsi que des formes d’expression corporelle comme la danse et l’art clownesque.

Half Heart Beat explore un rythme fondamental, intime et invisible : le battement du cœur.
Présent dans chaque corps, ce pouls inconscient régit la circulation et inscrit la vie dans une fréquence variable, modulée par l’effort, l’émotion et le temps. L’œuvre interroge le lien entre le rythme biologique et notre attirance profonde pour les structures répétitives telles que la musique ou les percussions. Les rythmes très réguliers, par leur prévisibilité, ont depuis longtemps été utilisés pour induire des états modifiés de conscience.
Le système visuel suit ici un pouls de 30 battements par minute — soit un battement toutes les deux secondes — formant une unité minimale de mesure du temps. À titre de comparaison, le cœur d’une personne jeune et sportive bat environ à 60 battements par minute.
L’image avance par à-coups, traduisant les poussées successives du cœur et l’inertie qui absorbe chaque mouvement. Elle rend perceptible un flux interne et continu qui traverse le corps tout en demeurant invisible.
L’œuvre explore la possibilité d’une synchronisation — avec la respiration, avec l’attention, avec le rythme intérieur lui-même. Elle met en scène une transition progressive d’un battement discret et régulier vers un flux plus continu, parfois chaotique — passant d’un rythme mesuré à un état de flow.
Aeternity est une série de vidéos qui explore la perception, la conscience et le vertige de l’infini.
À travers des formes abstraites, des structures oscillantes et des champs de force dynamiques, la série interroge la manière dont l’esprit humain tente de saisir ce qui, fondamentalement, le dépasse.
Chaque œuvre crée une tension entre ordre et chaos, harmonie et bruit, attraction et menace.
Des motifs récurrents — cercles, couches, flux, vibrations — évoquent à la fois des phénomènes cosmiques et des paysages mentaux intérieurs.
Les images ne représentent pas la réalité ; elles l’activent, invitant le spectateur à reconstruire le sens par la projection, l’intuition et l’imagination.
Aeternity se concentre sur des seuils :
entre le soi et sa dissolution,
entre le temps linéaire et le temps cyclique,
entre la matière et l’abstraction.
La série propose une rencontre contemplative avec l’infini — non comme un concept à comprendre, mais comme une expérience fragile, instable et profondément humaine.
generative art
portrait
03:48
2025