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2024
Linda Dounia est une artiste expérimentale, designer, écrivaine et curatrice sénégalo-libanaise. Son travail examine les implications philosophiques et environnementales du techno-capitalisme et la manière dont il renforce les systèmes d’inégalité. Sa pratique s’inscrit dans une démarche de décolonisation intérieure, qui vise à démêler les récits fragmentés et exclusifs associés à son identité, en imaginant des futurs alternatifs. Ses œuvres prennent forme dans un espace liminal entre l’immatériel et le matériel, en combinant des médiums analogiques et numériques. Son processus se construit dans la tension entre expérience vécue, code et intelligence artificielle, et revendique un plus grand pouvoir d’action face aux algorithmes, dans notre manière de les percevoir comme dans celle dont ils nous perçoivent. En tant que designer, elle s’intéresse à la façon dont la technologie peut représenter et autonomiser les personnes de manière juste. Elle a dirigé des équipes de design mobilisant le jeu, la co-création et le prototypage avec les communautés afin de mieux comprendre les inégalités systémiques et de rendre la technologie plus accessible.
Son travail sur l’archivage spéculatif - la création de modèles d’IA qui nous aident à nous souvenir de ce qui a été perdu - lui a valu d’être classée parmi les personnalités les plus influentes en IA dans la liste TIMEA100 en 2023. En 2024, elle a également reçu le prix RISE25 de Mozilla pour ses travaux dans le domaine de l’IA. Ses œuvres ont été exposées chez Christie’s, Larsen Warner Gallery, Unit London, Art X Lagos, Partcours, Art Basel (Bâle, Miami), La Biennale de Dakar, Artsy NFT, Digital Art Fair Asia et Art Dubai. Plus récemment, elle a été mise en avant lors d’événements prestigieux tels que le Sommet pour l’action sur l’IA 2025 à Paris, l’exposition Le Monde Selon l’IA au Jeu de Paume, et la vente aux enchères Augmented Intelligence chez Christie’s.

Le dernier chapitre de Once Upon A Garden, intitulé Synthetic Rot, est le point culminant de ce travail qui s'est étalé sur près de quatre ans. Il retrace l'évolution des modèles d'IA générative au cours de cette période et leur capacité à nous aider à spéculer sur le passé et à le synthétiser.
Ce chapitre présente 50 photos et 50 vidéos de fleurs assorties au hasard, souvent avec plusieurs espèces différentes partageant la même tige, se comportant de manière erratique, se faisant et se refaisant avec le chaos pour seule boussole. Chaque vidéo est accompagnée de l'image fixe de référence qui a été utilisée comme image clé pour créer la vidéo.
Les fleurs du chapitre précédent sont rendues encore moins organiques grâce à un pipeline image-image. Les résultats sont ensuite utilisés comme images clés pour créer des animations à l'aide de Gen 3 Alpha de Runway. La bande sonore des vidéos est créée en mélangeant trois types de sons enregistrés (nature, machines, personnes au travail) avec des pistes musicales de blues du désert générées dans Suno AI.
Synthetic Rot est l'étape la plus sauvage de ce corpus de travail, où les fleurs sont composées principalement de matériaux inorganiques, exposant le fait qu'elles sont avant tout des données médiatisées à travers nos écrans par un code rendu possible par des machines construites avec des ressources naturelles.
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